Valerio Adami

Miroir gravé et sérigraphie, dos peint à la main, contrecollé sur aluminium
80 x 62 x 0,5 cm

Né le 17 mars 1935, à Bologne

Vit entre Paris et Monaco.

Valério Adami est un des principaux représentants de la Figuration Narrative.

Comme certains adeptes de ce mouvement, tantôt il part de représentations fragmentaires du réel, fortement schématisées, qu’il redistribue en fonction de diverses associations d’idées (Massacri privati, 1965) ; tantôt il travaille à partir de toiles d’autres peintres, de photos, de documents divers dont il dégage certaines formes obsessionnelles, en relation avec sa propre biographie (Hommage à Juan Gris, 1967).

Que ce soit dans le grossissement des détails ou dans le traitement des formes (celles-ci sont cernées d’un trait noir délimitant brutalement des zones de couleurs franches), cet art, qui se veut constamment expérimental, est une des transpositions les mieux venues, dans le domaine pictural, des techniques de l’affiche du cinéma et de la bande dessinée.

« Dans la reconstruction du langage que nous entreprenions se croisent affiches, bandes dessinées, etc. Nous y trouvions une manière de communiquer directement, mais nous étions aux antipodes du pop’art américain. Pour nous, le média n’est pas le contenu ! Figuration, oui ! Tout l’art occidental est centré sur l’idée de corps. Le corps humain est l’instrument par lequel la pensée et la philosophie ont toujours été représentées. Aussi faut-il reconstituer ce corps dans la complexité de notre époque. La narration, oui encore, si elle détruit la logique de l’unité temporelle qui régnait jusqu’à la fin du XIXè siècle. Depuis Freud, le temps et l’espace ont éclaté. En tant que peinture, il faut sortir du tableau. La peinture n’est pas une thérapie, c’est une technique et un langage. Le tragique est dans la matière, il est au-delà du cri, dans l’immobilité. »

Valerio ADAMI

(Propos recueillis à Paris, en 2000.)