Kimiko Yoshida

Deux miroirs sérigraphiés montés sur deux plaques d’aluminium formant un angle de 90°
50 x 50 x 0,5 cm (chaque)

Née à Tokyo en 1963, Kimiko Yoshida a été créatrice de mode pendant dix ans. Depuis 1995, elle vit à Paris. Son œuvre a fait l’objet d’une exposition personnelle au Herzylia Museum of Art en Israël en 2000, puis au Kawasaki City Museum au Japon en 2001 et au Centre national de la photographie à Paris en 2002. En 2004, elle a successivement exposé au Chelsea Art Museum, New York, aux 35es Rencontres internationales de la photographie d’Arles, France, et à la 19e Biennale internationale de la créativité dans l’habitat de Courtrai, Belgique. Son œuvre fera l’objet de plusieurs expositions en 2005, notamment à Jérusalem (Academy of Arts and Design de Bezalel), à New York (Pucci Gallery), à Chicago (Flatfile Gallery), à Saint-Louis (Hellen Curlee Gallery), à Houston (Dos Santos Gallery).

Son miroir Sakura/Vanité allie l’image des branches d’un cerisier en fleurs et celle d’une tête de mort. Les fleurs si fragiles d’un cerisier du Japon se reflètent dans une buée diaphane et transparente où se forme l’image quasi immatérielle d’un crâne humain. L’image de la caducité se reflète à l’infini dans l’image de l’impermanence. Le regardeur voit également le reflet de son propre visage se mêler à la double image de la fragilité. Ici, dans ce double miroir d’angle, l’image est toujours le reflet d’une autre image. Et ce que le regard vise, par-delà le miroir, c’est un pur espace de projection mental.

L’œuvre superpose ainsi l’image de la Vanité occidentale (crâne)à l’iconographie de la tradition japonaise qui voit dans les cerisiers en fleurs (Sakura) le symbole de l’impermanence de toute chose. Parce que dans le Japon ancien, on enterrait les morts au pied des cerisiers, ces arbres en fleurs symbolisent le cycle de la disparition et de la renaissance, de la vie et de la mort.

Chaque année, la société japonaise accompagne en direct l’éclosion des fleurs de cerisiers, dans les jardins publics et les cimetières. Pendant dix jours d’affilée, grâce aux journaux télévisés, le pays captivé suit d’heure en heure le déplacement progressif du « front des cerisiers », qui émeut tant les Japonais. Cette progression palpitante du Sud au Nord est un événement national crucial, vécu par tous dans toutes les couches de la société. Chacun participe à la fête merveilleuse. L’archipel est sous hypnose. Espoirs, attente, contemplation. Éclosions des fleurs, éclosion de la joie. Le miracle a lieu à chaque fois et la surprise joue à fond. L’épiphanie enchante. D’autant que le phénomène tant attendu est très éphémère. Les fleurs blanches et roses qui tapissent bientôt le sol transforment les cimetières du Japon en une sorte de paradis retrouvé.

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